Qu’est-ce que l’opération des yeux avec des implants phaques ?
Quand la myopie, l’hypermétropie ou l’astigmatisme atteignent des valeurs élevées, la chirurgie au laser sur la cornée ne donne pas toujours un cadre satisfaisant. Dans ces situations, le chirurgien peut proposer au patient une autre solution : placer une lentille directement à l’intérieur de l’œil, sans retirer le cristallin naturel. C’est le principe des implants phakes, également appelés implants phaques.
Cette chirurgie concerne des yeux pour lesquels la cornée ne permet pas un traitement laser sécurisé ou suffisamment précis. Elle s’inscrit dans une logique différente : corriger la vision par l’ajout d’un lentille interne, tout en conservant les structures naturelles de l’œil.
Qu’est-ce qu’un implant phake ?
Un implant phake ou phaque, du grec phakos, soit le cristallin, est une lentille intraoculaire souple, calculée sur mesure pour un œil donné. Le chirurgien l’insère dans l’œil par une micro-incision cornéenne, puis la place en général derrière l’iris et devant le cristallin (implants dits « de chambre postérieure », type ICL).
Il existe également des implants phakes de chambre antérieure, fixés à l’iris ou posés en avant de celui-ci, mais leur usage a diminué avec le temps au profit des implants de chambre postérieure, mieux tolérés sur le long terme dans beaucoup de cas.
À chaque fois, le principe est le même : la lentille artificielle complète le système optique naturel de l’œil, comme une lentille de contact interne permanente.
En quoi cette chirurgie diffère-t-elle du laser (LASIK, PKR, SMILE) ?
Le laser modifie la cornée : il modélise sa courbure pour corriger la myopie, l’hypermétropie ou l’astigmatisme.
L’implant phake, lui, laisse la cornée telle qu’elle est et agit à l’intérieur de l’œil.
Concrètement :
- Le chirurgien ne retire pas de tissu cornéen,
- Les paramètres biomécaniques de la cornée restent inchangés,
- Le risque de sécheresse oculaire induite par le laser est réduit,
- Les fortes corrections, difficiles à traiter au laser, restent possibles.
Le choix ne se fait donc pas entre « laser » ou « implant » de façon théorique. Le chirurgien examine d’abord la cornée, la profondeur oculaire, la force du défaut visuel. À partir de là, il oriente vers un plan de correction adapté, qui inclut ou non un implant phake.
Dans quels cas le chirurgien propose-t-il un implant phake ?
Les implants phakes interviennent surtout dans le plan chirurgical lorsque le laser ne donne pas un cadre satisfaisant. Le chirurgien les propose en priorité dans les cas suivants :
- Forte myopie (par exemple au-delà de −8/−10 dioptries, et jusqu’à environ −15/−20 selon les profils)
- Hypermétropies élevées
- Astigmatismes importants
- Cornée fine ou trop fine pour un LASIK/PKR/SMILE
- Cornée irrégulière mais stable, rendant un remodelage laser risqué
- Sécheresse oculaire marquée, aggravée par un traitement cornéen
L’implant phake s’adresse à des patients dont la réfraction est stabilisée, généralement après 25–30 ans. Avant cela, un défaut encore en évolution inciterait à différer la chirurgie.
À quels patients le chirurgien déconseille-t-il cette solution ?
La pose d’un implant phake nécessite un espace interne suffisant et des structures oculaires fiables. Le chirurgien ne retient pas cette solution si :
- La chambre antérieure est trop peu profonde
- Le nombre de cellules endothéliales est trop faible
- La pression intraoculaire est mal contrôlée
- Le cristallin présente déjà des signes d’opacification significatifs
- Une pathologie rétinienne active est présente
Dans ces configurations, la priorité est de protéger l’œil à long terme. Le projet de correction visuelle s’oriente alors vers d’autres techniques comme le laser, les implants de cristallin clair, voire une simple surveillance ophtalmologique.
Que comprend le bilan avant implants phakes ?
Le bilan pré-opératoire constitue une étape déterminante. Ce parcours comprend :
- Une réfraction complète (myopie, hypermétropie, astigmatisme)
- Une topographie cornéenne pour vérifier relief et régularité
- Une pachymétrie (épaisseur de la cornée)
- La mesure de la profondeur de la chambre antérieure
- Un comptage endothélial pour évaluer le capital cellulaire de la cornée
- Un examen du cristallin (transparence, début de cataracte éventuel)
- Un contrôle de la rétine (en particulier en forte myopie)
- La mesure de la pression intraoculaire
À partir de ces mesures, le chirurgien choisit :
- Le type d’implant
- La puissance
- Le diamètre
- Et les paramètres fins, par exemple la correction de l’astigmatisme dans un implant toriques
Comment se déroule l’intervention ?
Avant le bloc
Le jour de l’intervention, l’accueil se fait en ambulatoire. Le patient se prépare dans une salle dédiée. Le chirurgien revoit le dossier, vérifie l’œil à opérer, réexplique les grandes étapes et répond aux dernières questions. Une chirurgie combinée des deux yeux est parfois proposée.
L’anesthésie se fait par gouttes en anesthésie locale ou parfois en anesthésie générale. Une prémédication légère peut être proposée en cas d’anxiété.
Au bloc opératoire
Une fois le patient installé sous le microscope, l’œil est maintenu ouvert par un petit écarteur.
Le chirurgien réalise une micro-incision cornéenne (de l’ordre de 2,5 à 3 mm). Par cette ouverture, il injecte l’implant phake, replié dans un injecteur spécifique. La lentille se déploie doucement à l’intérieur de l’œil.
En chambre postérieure, l’implant vient se positionner derrière l’iris. Le chirurgien ajuste sa position avec des instruments fins pour que la lentille adopte la configuration prévue.
Il contrôle ensuite la largeur de la zone de circulation de l’humeur aqueuse et vérifie l’absence de contact avec le cristallin.
L’incision est auto-étanche dans la majorité des cas. Il n’y a pas de points à retirer. À la fin, des collyres sont instillés, et un pansement léger ou une coque protectrice peut être posé.
Après l’intervention
Le patient reste en observation pendant un temps limité, puis rentre à domicile le jour même avec les prescriptions et consignes écrites.
Que ressent le patient dans les heures qui suivent ?
Les premières heures, l’œil apparaît rouge, avec une vision brouillée. Une sensation de corps étranger, une gêne à la lumière, parfois des douleurs modérées sont possibles.
Les collyres antibactériens et anti-inflammatoires débutent dès la sortie. Le chirurgien peut prescrire en complément des antalgiques si besoin.
Un premier contrôle est programmé très tôt (souvent le lendemain ou dans les deux premiers jours) pour vérifier :
- La position de l’implant
- La pression intraoculaire
- La transparence de la cornée
- La clarté du cristallin
Comment la vision évolue-t-elle après la pose d’implants phakes ?
La vision s’éclaircit généralement en quelques jours. La cornée n’ayant pas été remodelée, il n’y a pas de phase de cicatrisation superficielle longue comme après une PKR.
Quant à la netteté de loin, elle progresse assez rapidement, même si des fluctuations peuvent persister au début (lumière, fatigue, collyres…).
La reprise des activités de base comme la lecture, le travail sur écran, se fait au gré du confort visuel. La conduite est possible après la validation de l’acuité et de la qualité de vision lors des premiers contrôles en centre ophtalmologique.
Quels résultats attendre sur la vision ?
Les implants phakes permettent une excellente correction des fortes amétropies. Lorsque le calcul est précis et que l’œil remplit les critères anatomiques, la vision de loin atteint souvent un très bon niveau sans correction.
Dans les fortes myopies, le contraste peut paraître plus stable qu’avec des verres très épais, car l’image se forme sans les aberrations liées à une correction très forte devant l’œil.
Un léger complément en lunettes pour des tâches spécifiques (très faible astigmatisme résiduel, travail de près prolongé, etc.) reste possible, mais l’objectif est généralement une vision confortable sans correction pour la majorité des activités.
Quels sont les risques et les limites de cette chirurgie ?
Comme toute chirurgie intraoculaire, les implants phakes exposent à des complications possibles. Le chirurgien les explique clairement en amont :
- Une infection intraoculaire (endophtalmie), rare mais grave
- Une inflammation importante
- Une élévation de la pression intraoculaire, en lien avec la circulation de l’humeur aqueuse, des substances visqueuses utilisées lors de la chirurgie ou la réaction à certains collyres,
- Un contact entre l’implant et le cristallin, pouvant favoriser une cataracte plus précoce
- La perte progressive de cellules endothéliales si la distance avec la cornée n’est pas suffisante.
Ces risques justifient l’analyse précise de chaque patient et le suivi régulier dans les années qui suivent.
Que se passe-t-il plus tard quand le cristallin change ?
Avec l’âge, le cristallin s’opacifie. Ainsi, quand la cataracte s’installe, la correction par implant phake n’empêche pas une chirurgie du cristallin.
Le jour où l’intervention devient pertinente, le chirurgien commence par retirer l’implant phake, puis réalise la chirurgie du cristallin avec pose d’un implant intraoculaire adapté.
Il tient alors compte de :
- La correction précédente
- La longueur axiale de l’œil
- Le projet visuel du patient (vision de loin, vision mixte, implants spécifiques…)
Comment le chirurgien choisit-il entre laser, implant phake et chirurgie du cristallin ?
Le choix se construit au cas par cas. Le chirurgien prend en compte :
- L’âge du patient
- L’importance de la myopie, de l’hypermétropie, de l’astigmatisme
- L’épaisseur et la qualité de la cornée
- La profondeur de la chambre antérieure
- L’état du cristallin
- La santé rétinienne
- Les habitudes visuelles du patient
Le laser garde par exemple toute sa pertinence dans les défauts modérés avec une cornée favorable. Les implants phakes prennent le relais dans les fortes amétropies ou lorsqu’un traitement cornéen serait discutable.
Conclusion
Les implants phakes sont une solution de correction intraoculaire adaptée aux fortes amétropies et aux yeux non éligibles à une chirurgie laser sur la cornée. En ajoutant une lentille à l’intérieur de l’œil, sans retirer le cristallin, le chirurgien élargit ainsi le champ des possibilités pour des patients qui, longtemps, restaient limités aux lunettes épaisses ou aux lentilles de contact.
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